Texier de Norbecq

Étienne Benjamin TEXIER DE NORBECQ
(1724 – 1797)


Né le 20 novembre 1724 à TAUGON (Charente Maritime) – Décédé le 20 janvier 1797 à TAUGON (Charente Maritime)

– Juin 1748 : il entre au service comme cadet au Corps Royal d’Artillerie.
Mai 1756 : nommé Lieutenant ; il passe dans la marine à la demande de Choiseul.
Mai 1762 : nommé Enseigne de Vaisseau et Aide Major à Brest
Mai 1763 : il est nommé Lieutenant de Vaisseau. Il embarque sur la Malicieuse à destination des côtes marocaines.
Février 1765 : il est promu Capitaine d’artillerie. Campagnes au Levant sur la Chimère (1766-1767), en Corse sur la Mignonne en 1768.
Novembre 1769 : il est très grièvement blessé par l’explosion d’un mortier expérimental. (« Conformément à la loi du 22 août 1790, il sera payé au sieur Etienne Benjamin Texier de Norbec né le 20 novembre 1724 la somme de 5000 Livres en remplacement d’une pension de 53O Livres nets qu’il a justifié lui avoir été accordée en considération de ce qu’étant capitaine d’artillerie dans la marine en faisant l’épreuve d’un mortier il a perdu l’œil et le bras droits et a eu le visage couvert de blessures ». Journal des débats et des décrets vol 33).
– 1772-1773 : il est embarqué sur la Chimère au Levant.
– Janvier 1780 : il est promu Capitaine de Vaisseau. Il est embarqué sur le Zodiaque en 1781 et sur le Robuste en 1783.
– Avril 1785 : il est nommé sous-directeur de l’artillerie à Toulon.
– Mai 1786 : chef de division et Directeur de l’artillerie de marine à Toulon.
– 1790 : il se rend à Paris sur ordre du Ministre pour y poursuivre ses travaux sur l’artillerie.
14 juillet 1790 : il est député de Toulon à la fête de la Fédération.
Juin 1792 : il est promu Contre-amiral.
Juillet 1793 : il quitte le service actif.
– Chevalier de l’Ordre Royal de St Louis.
20 août 1785 : nommé membre correspondant de l’Académie des Sciences par G. de BORY.
Admis à l’Académie de Marine. Auteur de plusieurs mémoires (« Réponse au Mémoire de M. du BOUCHAGE Directeur de l’artillerie de Marine, sur l’organisation des troupes de l’artillerie de marine » « Supplément au mémoire sur les platines à canons » lu à l’Académie de Marine le 26 septembre 1778).

Il publie en 1792 « Recherches sur l’Artillerie en général et particulièrement celle de la Marine ».

Selon Boris LESUEUR (dans, Les troupes embarquées sous l’Ancien Régime), « il fut le grand théoricien de la construction de l’artillerie navale française de la fin du siècle, réfléchissant à des tables de tirs, aux procédés de fonderie… »

SOURCES : Etienne TAILLEMITE, Dictionnaire des marins français. Boris LESUEUR, Les troupes embarquées sous l’Ancien Régime, communication, Société Française d’Histoire Maritime, no 69 déc. 2010, p.20.

À PROPOS D’ÉTIENNE BENJAMIN TEXIER DE NORBECQ

Quelle ne fut pas la surprise de M. Valentin GENAUZEAU en ce début de 1938 : recevoir un courrier de l’Institut de FRANCE n’était pas chose courante pour le Maire de LA RONDE plus habitué aux circulaires administratives et aux arrêtés préfectoraux.

Par une lettre datée du 6 février, Monsieur LACROIX, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Sciences, demandait une copie des actes de Baptême et de décès d’Étienne Benjamin TEXIER DE NORBECQ afin d’établir des listes biographiques des anciens correspondants de la docte assemblée, une demande similaire adressée à TAUGON s’était révélée infructueuse.

Au fil des recherches, M. GENAUZEAU découvrit qu’en 1883, lors de travaux au cimetière, on retrouva l’épée du Contre-Amiral TEXIER ; réclamé par la famille TEXIER, cet objet, à la demande des archives départementales, fut déposé à la Mairie de LA RONDE. Finalement le Préfet autorisera la remise de l’épée à la famille.

Le 29 mars 1886, M. TARIOL Maire, remettait l’épée à MM Jean-Marie Constance et Marie Paul Léandre TEXIER, négociants à LA ROCHELLE, remise contestée par certains ayants droit. Il s’ensuivit une procédure dont nous ne connaissons pas l’issue. La présence de la sépulture de l’Amiral au cimetière de LA RONDE conduisit M. GENAUZEAU à penser que le décès ne pouvait avoir eu lieu à PARIS comme le prétendait certains auteurs et notamment les archives du Ministère de la Marine.

Les registres d’Etat-Civil antérieurs à 1847 étant à TAUGON, c’est là qu’il dirigea ses recherches. C’est ainsi qu’il découvrit dans les actes de baptêmes de la Paroisse ST PIERRE de LA RONDE que le 22 novembre 1724, a été baptisé « Par nous soussignés vicaire, Étienne Benjamin, né le jour de devant, du légitime mariage du sieur Étienne TEXIER, marchand, et de demoiselle Jeanne Catherine POULLET ; a été parrain le sieur Benjamin BOUREAU de BOURGNEUF, la marraine demoiselle Catherine Magdeleine POULLET ».

Le registre des actes de décès apportera à M. GENAUZEAU la réponse qu’il cherchait : « Aujourd’hui ler pluviose de l’an 5 de la République Française une et indivisible en la maison commune, sur les six heures du matin, par devant moi Nicolas DUFOUR, Adjoint et Officier public de la Commune de TAUGON-LA RONDE, canton de COURCON département de la Charente-Inférieure, a comparu Vincent FAURE, domicilié en notre commune, âgé de quarante-huit ans lequel accompagné de Jacques ROLLAND, cultivateur âgé de trente ans et de Pierre Clément BEQUET, âgé de vingt-cinq ans, demeurant les uns et les autres dans cette commune, section de TAUGON-LA RONDE, m’a déclaré que Étienne Benjamin NORBECQ TEXIER, âgé de 76 ans, demeurant à LA RONDE, natif de LA RONDE, fils de Étienne TEXIER et de Jeanne Catherine POULLET, est mort le ler pluviose, à six heures du matin, dans la maison de sa ferme de LA RONDE ».

M. LACROIX pouvait dresser ses listes biographiques sur des bases sérieuses et adresser ses remerciements à M. GENAUZEAU.

C’est ainsi qu’il y a cinquante ans, le souvenir du Contre Amiral TEXIER, membre de l’Académie de Marine, correspondant de l’Académie des Sciences, placé au siècle dernier par MM. LEVOT et DONAU du PELAU « au nombre des officiers qui ont concouru au développement de notre puissance navale dans leur ouvrage « Les Gloires Maritimes de La France », devait se rappeller à ses concitoyens »

Jean GUILLOUX

N.B : La plaque apposée en 1987 sur sa maison par les soins de la municipalité contribuera à perpétuer la mémoire de notre illustre concitoyen. Jusqu’en 1847, LA RONDE était rattachée à la paroisse puis à la commune de TAUGON.